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UN JEUNE RESCAPÉ DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE

Luc Phaneuf

NDLR On peut lire un texte développé de notre collaborateur Luc Phaneuf sur le suicide chez les jeunes aujourd'hui au Québec Cliquez ici

17 mai, 1642, date capitale de notre histoire religieuse, celle de la fondation de Ville-Marie: Paul Chomedey, Jeanne Mance, quelques colons participaient à la première messe célébrée par le père Vimont sur le sol de Ville-Marie, Montréal. Cette première messe était la concrétisation du rêve de celui qu'on qualifiera bientôt de saint laïc de Laflèche, Jérôme le Royer de la Dauversière, époux de Jeanne de Beaugé, père de cinq enfants et notaire de profession.

Après des années de fondation, Jérôme et ses compagnons de la société Notre-Dame-de-Montréal allaient faire émerger de ces terres sauvages une nouvelle chrétienté, une cité de Dieu.

Après eux, Marguerite Bourgeoys, Jeanne Le Ber, Marguerite d'Youville, et plus près de nous, Rosalie Cadron-Jetté, Émilie Gamelin, le frère André... allaient perpétuer dans notre temps et notre espace cet audacieux projet missionnaire.

CES GENS SONT RESTÉS FIDELES A LEUR TEMPS

M'inspirant de leur vécu, je livre ici par obéissance l'histoire de mon âme. Oui, je suis un fils, un rescapé de la Miséricorde. Avec beaucoup d'autres de la Révolution tranquille, je suis de ceux qui avions fait table rase de toutes les grandes valeurs chrétiennes, valeurs qui nous avaient été transmises avec la vie. Quarante ans plus tard, les résultats menacent toutes les classes de la société. Nos gens sont vides de l'intérieur. Ce vide appelle à des spiritualités frelatées.

Le vrai déficit n'est pas celui des budgets mais celui de notre être profond, le déficit de notre âme collective.

A LA DÉCHRISTIANISATION SUCCEDE LA MONDIALISATION!

A 32 ans, je puis dire que je suis un rescapé de cette Révolution tranquille. Ce qui m'a sauvé de la désespérance, du suicide, ce furent les grâces de mon baptême, la certitude de la présence aimante de Dieu dans ma vie, surtout aux moments de grande détresse.

La rupture du noyau familial a bouleversé ma jeunesse. A l'âge de 16 ans, j'allais rechercher dans l'amour profane une joie de vivre qui allait me faire connaître souffrances, crises, rejet.

Je jetai tout mon mal d'être, mon agressivité dans les sports, cherchant furieusement une reconnaissance humaine, une vaine gloire obtenue en partie, mais sans jamais trouver une paix profonde, une joie gratuite.

Qui cherche trouve, nous a promis le Maître. Vers la fin de mes études collégiales, je fais la rencontre providentielle de deux "hommes de Dieu", de deux prêtres extraordinaires, qui m'incite à entrer en théologie.

A 25 ans, j'entre à Brébeuf, comme professeur-animateur de sciences religieuses. Je fais très rapidement l'expérience de mes limites. Parmi tant de jeunes complètement indifférents à tout questionnement sur la vie, je rencontre de vrais croyants.

Un moine bénédictin me fait comprendre l'importance de la mission d'éducateur spirituel des jeunes.

Aidé des confidences de plusieurs jeunes ayant vécu de près l'horreur du suicide, je décidai d'écrire un essai sur le sujet. Ce cri du coeur eut son écho dans une entrevue de 20 minutes à l'émission de madame Bombardier: Raison Passion. Depuis, les conférences se succèdent témoignant que ce n'est pas moi mais l'Esprit Saint qui a inspiré et guidé la rédaction de cet essai.

Oui, les jeunes cherchent Dieu, un sens à leur vie, un idéal, mais voilà, ils sont en souffrance de témoins de feu, de chrétiens vrais. Ils sont - si vous me permettez l'expression - récupérables, même les plus rébarbatifs.

J'entretiens l'espérance que ce seront les jeunes d'aujourd'hui qui referont un monde plus sensé, habité par Dieu.

Oui, tout ce que j'ai tenté de bon, de beau, de vrai, je le dois aussi à la communion des saints, morts et vivants. Par eux mon inspiration, mon espérance toujours renouvelées: oui, tout est possible à l'Esprit qui peut tout changer.

Oui, l'Esprit peut refaire le coeur de nos jeunes, les conduire au Christ; mais Il veut le faire avec nous!

Je ne pourrais terminer ce témoignage sans évoquer l'amour que je porte à la sainte Vierge; elle a guidé mes pas, préparé les rencontres déterminantes C'est elle, aussi, qui a mis sur la route Thérèse Martin, de l'obscur Carmel de Lisieux, ma meilleure amie, confidente des jours lumineux et ombragés.

Au contact de Thérèse, j'ai non seulement appris à accepter mais aussi à aimer toutes mes pauvretés, mes faiblesses, mes fautes passées; j'ai compris que ces épreuves avaient été des grâces en ce sens qu'elles m'avaient appris l'abandon dans les bras du Dieu Miséricorde.

De plus en plus de jeunes sont, ont été sont fragilisés psychologiquement dans un tissu humain qui s'effiloche un peu plus chaque jour. C'est pour eux que le Père nous donne Thérèse de Lisieux qui nous dit que Dieu ne s'effraie pas de nos pauvretés d'être car elles appellent son amour miséricordieux.

Thérèse aimait citer cette pensée de Jean de la Croix: "on obtient de Dieu autant qu'on en espère!" Pour le salut de nos jeunes, espérons tout de l'Esprit, tout de suite, car, tout comme le disait encore Thérèse, on n'a jamais trop de confiance dans le Dieu miséricordieux.


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