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Revue Selon Sa Parole vol. 24 numéro 5, 15 mai 1998

LE CHANT DE MARIE
Thérèse Lapierre


L'Esprit Saint avait déjà révélé à Élisabeth l'oeuvre de grâce commencée en sa cousine la Vierge Marie. Marie sent que le mystère de Dieu, en elle, est compris par quelqu'un d'autre et, se sentant libérée intérieurement, elle peut exprimer tout haut ce qu'elle ressent. Voilà que jaillit le chant par lequel elle proclame bien haut ce qu'elle avait médité tout au long de son voyage. Marie chante parce que son âme est remplie de joie. Luc met sur les lèvres de Marie un chant d'action de grâce inspiré du cantique d'Anne (cf. I S 2,1-10) et aussi de divers psaumes. Anne était la mère de Samuel et se disait aussi la servante du Seigneur. Le cantique de Marie se présente comme une hymne à la miséricorde éternelle de Dieu.

Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur parce qu'il a jeté les yeux sur son humble servante. Louée par Élisabeth, Marie renvoie la gloire à Dieu qui est l'auteur de la merveille. Marie reconnaît clairement que tout ce qui lui arrive est l'oeuvre de Dieu. La louange de Dieu et la joie messianique pénètre Marie jusqu'au plus profond d'elle-même, dans son âme et son esprit. La Vierge peut exalter le Seigneur qu'elle porte en son sein et tressaillir de joie en Dieu son Sauveur, parce que le Père a jeté les yeux sur son humble servante et que le Puissant a fait pour elle de grandes choses. Marie rend grâce pour l'avènement du salut messianique en Jésus, son fils. Marie se compte parmi les humbles, les petits et les pauvres, ceux à qui les prophètes et les psaumes promettent si souvent le salut. Dieu est un Dieu des humbles, une aide pour les plus petits, un secours pour les faibles, une protection pour ceux qui sont rejetés et un sauveur pour les désespérés.

Oui, désormais, toutes les générations me diront bienheureuse. Élisabeth commence à dire que Marie est bienheureuse et Marie prophétise dans ce chant du Magnificat que cette louange ne cessera plus jamais. Toutes les générations se joindront à la louange de Marie, comme la royauté du roi qui est son enfant ne cessera jamais, de même la mère du roi sera chantée toujours et partout.

Car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses, Saint est son nom. La puissance de Dieu est d'autant plus manifeste qu'elle se sert d'une humble servante pour opérer le salut. Dieu choisit souvent des petites personnes pour que les autres voient bien que c'est la toute-puissance de Dieu qui agit en eux. Regardons Moïse qui bégayait et pourtant, Dieu l'envoie parler à Pharaon et à son peuple. Abraham et Sara avancés en âge, Dieu promet à Abraham une descendance nombreuse. C'est la même chose pour Élisabeth, avancée en âge et enceinte, car rien n'est impossible à Dieu. Si le Tout-Puissant a fait en Marie des merveilles, s'il ne cesse d'en faire dans l'humanité, c'est à cause de sa tendresse, de sa miséricorde, de son amour inépuisable pour les pauvres. L'évangéliste Luc aimera montrer la prédilection de Jésus et de Dieu pour les humiliés et les pauvres qui seront transformés, guéris, touchés par Jésus. Saint est son nom, Dieu est saint, son nom est au-dessus de tous noms, au-dessus de toutes créatures et plus puissant que tous ses ennemis.

Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Le Seigneur ne limite pas son amour à son peuple, mais il est attentif à tout homme dans le besoin comme le bon samaritain. Les païens aussi pourront être accueillis dans l'Église et ils pourront chanter l'action de grâce des sauvés comme cette femme cananéenne. L'oeuvre de Dieu Marie la voit s'accomplir maintenant dans l'humanité et en Israël, à la lumière de ce qu'elle vit, de sa propre histoire. Le regard prophétique de Marie voit l'intervention de Dieu comme déjà arrivée à son terme. Devant l'accomplissement de ses promesses, elle fait l'éloge de la miséricorde de Dieu, de l'amour qui pardonne et qui sauve. Cette miséricorde s'étend d'âge en âge et à jamais, elle est éternelle. «Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ayez confiance en Lui, espérez ses bienfaits et la joie éternelle» (Si 2,7-9).

Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes, Il renverse les puissants de leur trône, Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides, Il relève Israël son serviteur, Il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. Le Cantique de Marie célèbre la miséricorde éternelle et universelle de Dieu en commençant par la postérité d'Abraham. Dieu n'aime pas l'homme qui met sa confiance dans la richesse ou le pouvoir; par contre, il a pitié de celui qui est démuni, humilié, rabaissé, celui qui est empêché de s'épanouir. Isaïe nous dit que Dieu avait promis d'intervenir pour rétablir le droit des humbles (cf. Is 57,15-20 et 61,1-11). Dieu s'occupe des humbles, de ceux qui n'ont pas de puissance, des pauvres. Alors celui qui veut être grand, puissant, au point de vue spirituel, politique ou social a lieu de craindre, c'est dangereux qu'il ferme son coeur à Dieu, qu'il soit suffisant; tandis que le pauvre ouvre son coeur à Dieu qui est son seul refuge, sa richesse et, en retour, Dieu se tourne vers lui. Les conditions d'admission dans le royaume de Dieu sont les béatitudes: «Bienheureux ceux qui sont pauvres, ceux qui pleurent et ceux qui ont faim». Marie remplit pleinement ces conditions exigées par le royaume de Dieu. Jésus lui-même vivra ce qui fut annoncé par Marie lorsqu'elle conçut. Celui qui sera abaissé sera élevé: «Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu, mais il s'est abaissé devenant esclave...» (Ph 2,6-11).

À L'ÉCOLE DE MARIE

À l'école de Marie, je demande ce même don de l'Esprit pour laisser jaillir la louange, l'action de grâce. Je peux composer mon magnificat à partir de ma propre expérience de salut. Quelles sont les grandes interventions de Dieu dans ma vie? Quelles sont les visites, les événements qui m'ont rempli-e de joie et de foi depuis mon baptême jusqu'à aujourd'hui? Marie a chanté son magnificat à travers toutes les situations heureuses et plus douloureuses de sa vie; même au calvaire, elle n'a pas renoncé à son Magnificat. L'habitude de la louange et de la reconnaissance nous permet de surmonter les épreuves. Est-ce que je reconnais, comme Élisabeth et Marie, Dieu qui se fait proche, qui vient me visiter? Ces deux femmes portent l'avenir en elles, à leur exemple, suis-je porteuse de joie et d'espérance? Pourtant, elles ne vivaient pas une situation plus facile que la nôtre, car c'était au temps de l'occupation romaine où on torturait et exécutait, pensons au massacre des Saints Innocents. Pour chanter notre Magnificat, pour annoncer la parole de Dieu, il est important d'avoir goûté comment le Seigneur est bon. Si nous n'avons pas de Magnificat à chanter, inutile de vous mettre en route pour la visitation, car nous n'appporterons aucune joie ni aucun réconfort à personne. Prenons le temps de rencontrer le Seigneur comme Marie, de nous émerveiller devant ce qu'il a fait de bon et de beau comme le dit le psaume 34,9: «Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur» ou le psaume 103,2: «Béni le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits.» Laissons monter notre Magnificat vers Dieu de qui nous vient tous biens.

NOTE D'AUTEUR

Thérèse Lapierre est secrétaire-réceptionniste à la Villa Manrèse à Ste-Foy. Elle est engagée dans le Renouveau charismatique depuis 1973 et actuellement, elle est membre du groupe de prière Sacré-Coeur-de-Jésus à Québec.
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Dernière mise à jour 29 mai 1998

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