Est-il naturel de croire ?
Guy Jalbert, o.m.i.

" La foi est la garantie des biens que l'on espère, la preuve des réalités que l'on ne voit pas " (He 11, 1).
La foi est la porte d'entrée dans le mystère de Dieu. Comme l'affirme l'épître aux Hébreux : " Celui qui veut s'approcher de Dieu doit croire qu'il est et qu'il se donne à ceux qui le cherchent " (He 11, 6). La foi est une vertu surnaturelle, une puissance qui nous permet de connaître Dieu et de croire aux vérités que nous proposent les Saintes Écritures. De plus, cette vertu appartient à l'organisme surnaturel reçu au baptême et nous permet de poser des actes de foi.
Est-il naturel de croire et comment peut-on y parvenir ?
Genèse de l'acte de foi
La foi dans le mystère de la Trinité, un seul Dieu en trois personnes, ou dans celui de l'Incarnation, une personne et deux natures dans le Verbe incarné, n'est pas une évidence pour l'intelligence humaine. Pour croire, il faut d'abord que les vérités de la foi nous soient enseignées : personne ne peut croire à ce dont il n'a pas entendu parler et pour qu'il entende, il faut quelqu'un pour lui prêcher (Rm 10, 14-17). Pour l'avoir lue ou entendue, la vérité de foi parvient à l'intelligence par l'intermédiaire des sens : un seul Dieu, trois personnes ; nulle part parmi les choses connues, on a vu une seule nature réunir trois personnes et le lien entre ces énoncés n'apparaît pas évident à l'intelligence. Cependant ce n'est pas in-croyable et mon intelligence pourrait y adhérer sur le témoignage de quelqu'un digne de foi.
Le témoignage de l'Église
Il est naturel d'admettre des faits que je n'ai pas vus ou des vérités que je n'ai pas contrôlées, si je les entends ou les reçois de quelqu'un digne de foi. C'est une démarche naturelle à l'intelligence humaine de croire sur parole un témoin crédible et compétent. Le Christ a donné cette mission à ses apôtres et à l'Église fondée sur eux : " Allez, enseignez toutes les nations ". Par le prêtre ou le catéchète qui enseigne les vérités de la foi, c'est l'Église qui nous enseigne au nom de la mission reçue du Christ de répandre la vérité révélée. Dans le domaine de la foi, l'Église parle au nom de Dieu, c'est Dieu qui parle par elle et il est normal que Dieu m'instruise en me faisant connaître des vérités le concernant, concernant sa vie intime ou concernant mon salut. Il est donc raisonnable que j'accepte les enseignements de l'Église.
Rôle de la volonté dans l'acte de foi
Dans cette recherche pour comprendre les vérités de la foi, l'intelligence est fortement soutenue par les bonnes dispositions de la volonté. Au terme de la recherche par l'intelligence, la vérité révélée n'est pas devenue évidente, par exemple une seule personne divine et deux natures dans le Christ ; mais le témoignage apporté par l'Église et les Écritures présente des garanties de certitude, tout est maintenant prêt pour l'acte de foi. Pour mettre ensemble toutes les coordonnées de l'acte de foi, citons cette belle définition donnée par saint Thomas d'Aquin : " la foi est un acte de l'intelligence adhérant à la vérité divine sous l'ordre de la volonté mue elle-même par Dieu au moyen de la grâce " (Som. th., IIa IIae, q. II, art. 9). En se basant sur le témoignage, la volonté intervient pour commander à l'intelligence l'adhésion à la vérité divine dont elle n'a pas l'évidence : le croyant estime alors qu'il est bon pour lui et conforme à la volonté de Dieu de croire cette vérité révélée.
Rôle de la vertu de foi
Tout au long de la démarche de l'âme pour saisir une vérité de la foi, la vertu surnaturelle de foi est présente, dans la recherche de l'intelligence pour recueillir et assimiler les données concernant chaque mystère, dans le discernement de la crédibilité des témoins comme dans l'acte de foi lui-même. La vertu infuse de foi est " une lumière divinement infuse dans l'esprit de l'homme, une certaine empreinte de la vérité première " (Thomas d'Aquin). La vertu de foi se greffe sur l'intelligence humaine et l'élève à la connaissance de Dieu et des vérités surnaturelles. Le croyant peut désormais dire : Je crois à un seul Dieu en trois Personnes, parce que Dieu l'a révélé. Par la vertu de foi, fixée sur l'intelligence humai-ne, l'âme dépasse le champ ordinaire et limité de ses connaissances sensibles pour s'ouvrir au divin et au surnaturel, c'est Dieu lui-même qui est perçu dès maintenant, à l'état obscur de la foi, mais véritablement connu. Élevés à la connaissance de la foi, heureux sommes-nous de pouvoir nourrir notre âme et notre cœur de toutes les paroles sorties de la bouche de Dieu.
Guy Jalbert, oblat de Marie-Immaculée, est au service du Renouveau charismatique depuis 1973. Il réside chez les Oblats au presbytère Saint-Sauveur de Québec. Missionnaire itinérant, il donne des sessions de formation et participe à des congrès. Il est membre du Comité de rédaction de Selon Sa Parole.


Magazine SELON SA PAROLE (QUÉBEC) traitant de questions reliées à la spiritualité, l'évangélisation, l'éducation de la foi et la vie en Église
Selon Sa Parole mars-avril vol. 27 numéro 2


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Dernière mise à jour 15 avril 2001

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